dit le proverbe tibétain.
Le voyage. La seule évocation du mot suffit à faire rêver.
On est ici et on veut être ailleurs. On est ailleurs et on veut être ici.
Paradoxe quand tu nous tiens!
Le contraste qui permet d'apprécier les choses, la vie à sa juste valeur. Comme si l'être humain ne pouvait se satisfaire de ce qu'il a, ici et maintenant, de ce qu'il est à ce point précis de la frise temporelle. Besoin incessant de se renouveler, d'aller chercher loin, toujours plus loin, encore plus loin, sans cesse, sans point de répit.
Quête éternelle de l'humain, assoiffé du monde, de lui, des autres.
Voyage...
Le voyage qui pose la question des rencontres, de la nouveauté, du gouffre de l'inconnu.
L'inconnu sous toutes ses formes: d'un pays, d'une culture, de ses habitants, de l'autre, de soi, de la société.
Voyage...
Marche à pied, les rues, les ruelles. Parcours ton monde, voyage à l'intérieur.
Les tréfonds de ton âme, les bassesses de l'esprit, le labyrinthe de ton coeur. Qui sommes-nous vraiment?
Que nous dit le regard de l'autochtone, celui de l'autre voyageur, celui que l'on porte sur soi?
Quand on voyage, on finit à un moment ou à un autre par se découvrir tel qu'on ne se connaissait pas. Débute alors cette quête au fin fond de notre être. Un face à face avec soi-même. Un face-à-face avec l'autre. Un solo, puis un duel et enfin une rencontre.
Voyage...
Se centrer, adopter une posture réflexive, introspective dans un premier temps. Phase accompagnée probablement par un renfermement, une incapacité à vivre avec l'autre puisqu'il faut déjà vivre avec soi-même.
Se décentrer, dans un second élan, pour permettre aux oiseaux de la solitude de prendre leur envol et de rencontrer leurs pairs, la liberté et l'indépendance.
Équilibre retrouvé, non sans éviter quelques cailloux et autres troncs d'arbres sur le chemin.
La rencontre, quelle qu'elle soit, suppose d'être en accord avec soi-même, afin de parvenir à accepter la nouveauté de l'inconnu, avec la déstabilisation qu'elle sous-tend. Or, si tel n'est pas le cas, le risque de se perdre menace et crée des besoins en repères, une potentielle addiction.
Moi avec l'autre, l'autre avec moi. Nous. Une rencontre. Un voyage. Une route. L'inconnu.
Finalement, on est en droit de se demander si l'on fait vraiment un voyage ou si l'on est voyagé, emmené, transporté?
Gageons que David Le Breton ou Nicolas Bouvier en ont su quelque chose. Et le premier d'écrire:
"On ne fait pas un voyage. Le voyage nous fait et nous défait, il nous invente."
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire